Gamme 6
Duo
A

La même démarche dans l'art et dans la vie.

Photographie Patrick Blanchon

Ma peinture est issue d’une fréquentation assidue du hasard.

Cela a commencé très tôt avec un arc et des flèches en cherchant comment atteindre une cible sans la viser. En travaillant sur l’idée du but à atteindre. Je voulais éviter de faire plier l’événement à une volonté d’obtenir. Je sentais confusément et ce depuis l’enfance que la volonté entravait quelque chose. Que ce n’était pas tant Ma volonté qu’une volonté d’emprunt, un héritage. Et cet héritage  entrainait presque automatiquement  à choisir et donc à  renoncer à tous les possibles.

En fait je ne parvenais pas à trouver de  raisons vraiment solides si je peux dire de « bonnes raisons » pour suivre une voie imposée implicitement par le choix des autres tout d’abord et qui m’entrainait à me renoncer la plupart du temps. Et aussi à examiner toute volonté.

Par la suite je suis passé à la pêche, puis à la photographie et à un tas d’autres choses encore

Mais j’ai toujours dessiné ou peint depuis le début . Le dessin et la peinture c’est comme un chez soi où l’on revient à chaque fois après un voyage, après avoir essuyé des « hauts et des bas ».

En fait je désirais explorer autant de possibles qu’il me serait -possible- de le faire durant une durée impartie, celle d’une vie.

Ce que la peinture m’a appris c’est en premier lieu que tout est possible avec de la couleur, un peu de temps et des pinceaux.

Tout est possible, cela n’a pas besoin d’être un chef d’œuvre,  ni d’être « beau », de paraitre, et encore moins d’être utile.
La peinture c’est comme la vie au bout du compte c’est un cadeau qui n’a pas besoin d’être remboursé.
C’est un accueil, un silence qui n’effraie pas mais qui rassemble ce que l’on a longtemps crû séparé. Un silence qui peut réunir les possibles, comme les gens, un instant seulement parfois, c’est extraordinaire quand on y pense.